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08.06.2008

Le camembert de Normandie choisit le retour au terroir

Le camembert de Normandie, considéré par certains comme un monument de la gastronomie française, va bénéficier de critères de production renforcés qui doivent redorer son blason après des mois de conflit ouvert entre fabricants.

Un camembert produit dans le village de Lessay, en Normandie. (Photo Bloomberg News)
Les fabricants de camembert et l'organisme public de gestion des appellations d'origine ont annoncé mercredi soir à Paris une révision du cahier des charges pour l'obtention du label «Camembert de Normandie», saluée par les fabricants artisanaux.

Cette évolution confirme l'utilisation exclusive de lait cru comme règle essentielle de fabrication, un critère contesté pour des raisons sanitaires par les poids lourds de la filière, les groupes Lactalis et Isigny-Sainte-Mère, qui pèsent à eux deux plus de 80% de la production de camembert d'appellation d'origine contrôlée (AOC).

Selon ces nouvelles règles, le lait devra provenir d'une aire géographique réduite de moitié par rapport à la situation précédente, et limitée aux seuls espaces herbagers et bocagers de Normandie.

Les élevages laitiers devront avoir au moins une vache sur deux de race normande. Leur alimentation devra être assurée pendant au moins six mois par le pâturage, et par la mise à disposition de foin le reste du temps.

L'appellation «Camembert de Normandie» n'avait auparavant aucune condition de production sur le lait.

Le «comité de défense du véritable camembert», créé par des passionnés en avril 2007, a salué «une avancée indéniable». Elle affirme avoir reçu 21 000 messages de soutien depuis un an, dont un tiers de l'étranger, notamment des pays anglo-saxons.

La «guerre du camembert» avait éclaté en mars 2007 lorsque Lactalis et Isigny-Sainte-Mère avaient annoncé l'abandon de l'appellation pour certains de leurs produits après avoir échoué à obtenir l'abandon du lait cru.

Pour les amateurs, le camembert au lait cru se distingue par son goût et son moelleux -voire sa pâte coulante- face à ses concurrents au lait pasteurisé. Mais cette fabrication traditionnelle est plus onéreuse car elle implique de nombreux contrôles pour éviter l'apparition de germes pathogènes comme la listeria.

Source : Agence France-Presse

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